Combat sans code d’honneur (1973), Kinji Fukasaku

                Il y a une réelle science du placement des acteurs chez Fukasaku. Chaque plan est d’une vitesse incroyable, mouvementé par des déplacements en apparence bordéliques, mais pourtant tout semble comme millimétré. Cette esthétique de la population traduit bien le point de vue de Fukasaku sur la masse. A l’écran, c’est cette suite de formes toujours mouvantes et indéfinissables qu’elle porte. Idéologiquement, il s’inscrit dans un rapport conflictuel avec le capitalisme. La progression dans le film de cadres sur la masse, définissant les personnages en fonction de leur appartenance sociale vers des cadres isolant les personnages, qui n’évoluent plus ensemble mais face au groupe. Les lieux choisis par Fukasaku rejoignent le même point de vue. La localisation dans le marché du début, le commerce proche, où les yakuzas dans les réunions sont à terre, resserrés, laisse place aux buildings et hôtels occidentaux. Au point que le chef yakuza devient plus proche du PDG malhonnête que du chef yakuza traditionnel. Le combat d’Hirono, plus spirituel que physique, devient celui du Japon traditionnel contre celui du capitalisme, celui du groupe contre l’individualisme occidental. Un combat perdu d’avance.

J.

 

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